Moke, Henri G.


Oeuvres

Biographie

Henri Guillaume Philippe Moke est un écrivain et historien francophone belge, né au Havre en 1803.

Il est issu d’une famille flamande de Thourout. Son père, Jean-Jacques, était un grammairien distingué.
Henri Moke fit de brillantes études à Paris, au lycée Louis-le-Grand. Il n’avait que vingt ans lorsqu’il obtint un poste de professeur de rhétorique à l’athénée de Bruges. Excellent orateur, il était aussi considéré comme un excellent professeur. Il dispensa ses cours simultanément à l’athénée et à l’université de Gand, couvrant un domaine aussi large que la rhétorique et la littérature françaises, la littérature latine, l’histoire ancienne et l’histoire moderne.
Edmond Vandervin, préfet des études de l’athénée de Gand, disait de lui:

« C’était un véritable éducateur, dans la plus haute acception du mot; à la science et à un goût littéraire aussi sûr que délicat, il joignait le grand art de développer la pensée chez son jeune auditoire. En appeler à la raison des notions vagues ou erronées qui allaient prendre racine dans l’intelligence du jeune homme; provoquer chez lui, par la variété et l’inattendu d’aperçus toujours nouveaux, le désir de connaître; allumer dans son coeur l’irrésistible amour du bien, du juste, de l’honnête; le soutenir dans cette voie par une parole toujours bienveillante et un esprit vraiment attique; éviter, grâce à une bonté de coeur infinie, de heurter trop vivement les pensées et les opinions qu’il voulait combattre, mais, à la façon de Socrate, forcer l’élève à trouver lui-même la solution du problème; et, en un mot, respecter l’individualité et se contenter d’en adoucir les aspérités, afin de faire concourir tous les dons naturels à cette grande harmonie de tendances et d’efforts qui constituent la vie des sociétés humaines et assurent ses progrès, telle était la méthode de notre bien-aimé et regretté collègue. »

Gustave Callier, un de ses collègues à l’université de Gand, disait aussi de lui:

« Je le vois encore, commentant tantôt un poète du grand siècle et tantôt quelque poésie contemporaine, ou bien passant de Démosthène à Cicéron, de Bossuet à Mirabeau, semant ses leçons de rapprochements ingénieux et de traits plein d’intérêt et faisant, pour ainsi dire, jaillir du hasard d’un mot ou d’un détail un appel à tout ce qu’il y a de pur et de généreux dans l’âme. »

Devise des Gruthuysen

Devise des Gruthuysen sur la façade de leur palais, à Bruges
(c) photo eBookB

Historien passionné, Henri Moke se lança dans l’étude de nos annales et commença à écrire des romans qui puisaient leurs thèmes principalement dans les événements du XVIe siècle.
En 1827, il publia Le Gueux de mer ou la Belgique sous le duc d’Albe, qui met en scène Louis de Winchestre, petit-fils du seigneur de Gruthuysen, qui a servi sous Charles Quint. Comme Le Lion de Flandre et Thijl Uylenspiegel, mais avant eux, il s’agit ici d’un ouvrage destiné à magnifier l’amour de la patrie et la grandeur de la nation, en cette époque pré-révolutionnaire. Dans la même veine, Henri Moke publiera dans les années qui suivront Le Gueux des bois ou les Patriotes belges de 1566 en 1828, Philippine de Flandre ou les Prisonniers du Louvre en 1830, et Hermann ou la Civilisation et la Barbarie en 1832, où le conflit entre Germains et Romains évoque forcément en filigrane les différences de caractère entre les Flamands et les Wallons dans la Belgique qui vient d’arracher à l’occupant hollandais son indépendance.
Certains déplorent qu’on ne retrouve pas dans ses livres ses talents d’orateur. Lorsqu’il écrit, il se montre avant tout rigoureux, ce qui donne au final un style élégant, mais froid.

En 1835, il publie une Histoire des Francs, puis, en 1839, son Histoire de la Belgique, qui devient rapidement une référence en la matière, même si les historiens des générations ultérieures en critiqueront parfois le manque de rigueur scientifique.
Il publiera encore en 1841 une biographie de Jacques van Artevelde et contribuera à certaines publications de Jamar: La Belgique monumentale (1844), Les Belges illustres (1844-1845) et Les Splendeurs de l’art en Belgique. En 1844, il publie aussi une Histoire de la littérature française.
Dans ses Moeurs, usages et solennités des Belges, ouvrage publié en 1847, il retrace l’histoire de la vie privée et de la civilisation en Belgique depuis les temps les plus reculés. En 1855, il publie son dernier ouvrage important, La Belgique ancienne et ses origines gauloises, où il étudie l’origine des tribus qui ont peuplé la Belgique dans l’objectif de démontrer l’unité du peuple belge, malgré les deux langues différentes qu’il utilise.

Il décède à Gand, le 29 décembre 1862.

Oeuvres

Le Gueux de mer ou la Belgique sous le duc d’Albe

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Le Gueux de mer ou la Belgique sous le duc d'Albe
Publié en 1827, soit trois ans avant l’indépendance de la Belgique, Le Gueux de mer ou la Belgique sous le duc d’Albe raconte la rébellion de Louis de Winchestre, dernier rejeton de l’illustre famille de Gruthuysen, contre la furie espagnole, incarnée par le duc d’Albe. Rejeté par sa famille royaliste, et même par sa fiancée Marguerite, qui le pense déchu du fait de sa condition de rebelle à l’autorité établie, Louis de Bruges, comte de Winchestre, se battra aux côtés de Guillaume d’Orange pour arracher à l’Espagne de Philippe II les Pays-Bas qui sont asservis par le duc d’Albe et ses sbires.
Un grand roman de cape et d’épée, d’amour aussi, qui nous plonge dans une des pages les plus sombres de notre histoire…

Edition numérique: 3hibouks.com

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