Eekhoud, Georges


Oeuvres

Biographie

Georges Eekhoud est un écrivain belge flamand d’expression française, né à Anvers le 27 mars 1854 et mort à Schaerbeek (Bruxelles) le 29 mai 1927.

Georges Eekhoud

Portrait de Georges Eekhoud par Félix Valloton, paru dans Le Livre des Masques de Remy de Gourmont (1896)

Né dans une modeste famille bourgeoise, il eut une enfance malheureuse: sa mère mourut en 1860, son père cinq ans plus tard. Il l’évoque de façon poignante dans Ex-Voto, la deuxième des huit « kermesses » de son livre homonyme. Il fut alors placé sous la tutelle de son oncle, Henri Oedenkoven.
Comme tous les enfants de la bourgeoisie en Flandres à cette époque, il est scolarisé en français. En 1866, il quitte son école de Malines pour le pensionnat Breidenstein en Suisse. Il y apprendra entre autres l’allemand, l’anglais et l’italien.
En 1871, c’est son oncle qui décède. En 1872, Georges Eekhoud entre à l’Ecole Militaire à Bruxelles, où il aura entre autres comme répétiteur Charles De Coster. Il n’y reste que quelques mois, apparemment renvoyé à la suite d’un duel.
Il trouve alors asile chez sa dernière parente directe, sa grand-mère, où il rencontrera son épouse qui y est en service. Il obtient un poste dans un journal. Il commence par du travail de correction, avant de publier, à l’âge de 19 ans, un premier écrit personnel sous forme de feuilleton.
A 23 ans, il publie son premier recueil de poésie, Myrtes et Cyprès. A cette époque, il entretient des relations amicales avec Georges Rodenbach, Camille Lemonnier et Théo Hannon.
Au décès de sa grand-mère, il déménage à Kapellen, avant de s’installer en 1880 à Bruxelles, où il devient rédacteur du journal L’Etoile belge. Il fait aussi partie de l’équipe de la La Jeune Belgique.

C’est en 1883 que paraît son premier roman, Kees Doorik. Le personnage principal en est un jeune paysan qui commet un meurtre. Eekhoud lui-même expliquera:

« Dans Kees Doorik, j’introduis de mon mieux le mélange de cordialité et d’ombrage, de candeur et de fanatisme, de licence et de pudeur que j’avais observé et pour ainsi dire vécu durant mon séjour dans la campagne anversoise. »

Pour la petite histoire, bien qu’il présente souvent la Campine anversoise comme son pays natal, Eekhoud est en réalité un citadin. C’est son épouse, âgée de sept ans de plus que lui et qu’il appelle volontiers « maman », qui lui a donné goût à sa « contrée de dilection », comme il l’appelle au début d’Ex-Voto:

Campine sous le brouillard

(c) 2013 eBookB

« Ma contrée de dilection n’existe pour aucun touriste et jamais guide ou médecin ne la recommandera. Cette certitude rassure ma ferveur égoïste et ombrageuse. Ma glèbe est fruste, plane, vouée aux brouillards. A part les schorres du Polder, la région fertilisée par les alluvions du fleuve, peu de coins en sont défrichés. Un canal unique, partant de l’Escaut, irrigue ses landes et ses novales, et de rares railways desservent ses bourgs méconnus.
Le politicien l’exècre, le marchand la méprise, elle intimide et déroute la légion des méchants peintres. »

Suivent en 1884 ses premières Kermesses, série de tableaux présentant, sur fond de fêtes populaires, toute une série de portraits de gens simples, aux histoires simples ou tourmentées, mais avec toujours en filigrane la tendresse qu’Eekhoud leur porte. Dans ce livre comme dans les suivants, Eekhoud utilise un français parsemé de mots peu communs. Il dépeint la face sombre de l’être humain.
En 1888, dans La Nouvelle Carthage, l’intrigue quitte la campagne pour le quartier portuaire de la ville d’Anvers, mais ce sont toujours les personnages populaires qui intéressent Eekhoud, comme en écho aux mots de son répétiteur de l’Ecole Militaire, Charles De Coster:

« Vois le peuple, le peuple partout! La bourgeoisie est la même partout. »

Il recevra le Prix Quinquennal pour cet ouvrage.

En 1892, avec Camille Lemonnier, Emile Verhaeren et quelques grandes figures socialistes telles que Emile Vandervelde, il participe à la Fondation de l’Art social. Il rédige aussi la partie littéraire d’un Annuaire pour la Section d’art de la Maison du Peuple. Entre 1897 et 1906, il tient une chronique littéraire dans le Mercure de France, dont il est le correspondant pour la Belgique.
Contrairement à Verhaeren, Rodenbach et tant d’autres, il ne s’exilera pas à Paris. En dédicace à un exemplaire des Fusillés de Malines destiné à Iwan Gilkin, il justifie en quelque sorte ce choix:

« Comme mon coeur, le tien ne bat ferme que chez nous ».

En 1895, après avoir quitté La Jeune Belgique, il fonde, avec entre autres Eugène Demolder, Emile Verhaeren et Maurice Maeterlinck, le journal Le Coq rouge. Il se rapproche aussi de l’avocat Edmond Picard, militant actif en faveur de l’avant-garde littéraire et artistique, mais également antisémite virulent.

De 1892 jusqu’à sa mort, en 1927, il entretient une relation sentimentale avec le journaliste Sander Pierron. Il en résultera une abondante correspondance. A partir de 1905, il nouera aussi une profonde amitié avec l’écrivain néerlandais Jacob Israël de Haan, qui mettra en vers Escal-Vigor, Les Libertins d’Anvers et La Nouvelle Carthage, tandis qu’il demandera à Eekhoud de préfacer son roman Pathologieën: De ondergang van Johan van Vere de With, dans lequel il plaide pour la liberté d’expression de l’écrivain.

En 1899, Eekhoud publie Escal-Vigor. Premier ouvrage où il aborde ouvertement les amours « uranistes » (terme inventé par l’Allemand Karl Heinrich Ulrichs pour désigner l’homosexualité), ce livre raconte la relation platonique du Comte Henry de Kehlmark avec un jeune paysan, Guidon Govaertz, sur une île. Pétri de culture antique grecque, Henry veut faire l’éducation de son amant, afin de sublimer une relation qu’il veut exceptionnelle et unique. Dans son Histoire de la Littérature Belge d’expression française, Henri Liebrecht écrit de ce roman:

« Escal-Vigor est une oeuvre ambigue et douloureuse où apparaît surtout cette sensibilité particulière de Georges Eekhoud [..] composée de violence débridée et de tendresse contenue, de sensualité et de ferveur. »

Ce livre est saisi dans une librairie de Heist-sur-Mer et Eekhoud est cité à comparaître en octobre 1900 devant la cour d’assises de Bruges pour outrage aux bonnes moeurs. Soutenu par un grand nombre d’écrivains connus et défendu par Edmond Picard, il est acquitté.

Dans les années qui suivent, Eekhoud est engagé pour donner des cours d’histoire de littérature française à l’Ecole normale d’instituteurs, et il participe à diverses publications dont le mensuel littéraire Akademos de l’écrivain à tendances homosexuelles Jacques d’Adelwärd-Fersen. En Allemagne aussi il trouve des cercles d’intellectuels qui tentent de défendre l’homosexualité face à l’opinion publique et aux autorités. Ceci plus ses tendances pacifistes le rendent suspect durant la première guerre mondiale, le contraignant à démissionner de ses fonctions.

En 1920, son épouse décède. Sur ordre du roi Albert Ier, Eekhoud devient un des premiers membres de l’Académie Royale de Langue et de Littérature françaises.

Il décède en 1927, à l’âge de 73 ans, dans sa demeure de Schaerbeek.

Oeuvres

L’autre vue

ePub Kindle

L'autre vueCe roman de la fascination pour les bas-fonds – la racaille, dirait-on aujourd’hui… – est la révolte d’un écrivain anticonformiste contre la bourgeoise société belge de la fin du XIXe siècle, qui lui préfère les voyous, les sous-prolétaires en haillons et toute la société d’en bas.
Laurent Paridael, jeune homme de bonne famille bourgeoise, est en rupture totale avec son milieu, et préfère fréquenter les voyous des quartiers populaires de Bruxelles avant d’en rencontrer d’autres, plus tard, en Flandre. Il est séduit par leur liberté, leur inculture. Mais aussi par le délié de leurs corps, leurs gestes naturellement gracieux, bref, un charme sauvage qui ne le laisse pas indifférent…
Le goût de Georges Eeckoud pour les déshérités et ses propres penchants homosexuels se marient ici dans un roman sévèrement commenté de l’intérieur par un proche du héros, qui ne comprend pas ses pulsions.

Edition numérique: www.ebooksgratuits.com

Le cycle patibulaire

ePub Kindle

Le cycle patibulaireRecueil de nouvelles, comportant entre autres Le Suicide par Amour, Aux Bords de la Durme, La Bonne Leçon et Le Quadrille du Lancier.
Le 15 mars 1892, Eekhoud écrit à son éditeur, Kistemaeckers: « Par ces temps de persécution littéraire, je crois sage, mon cher Kistemaeckers, de ne publier mon Cycle patibulaire que pour prendre date, c’est-à-dire à un très petit nombre d’exemplaires qui ne seront pas mis en librairie, et dont nous forcerons le prix pour rebuter les lecteurs compromettants. »

Edition numérique: www.gutenberg.org

Escal-Vigor

ePub Kindle

Escal-VigorLe titre du roman, Escal-Vigor, désigne un domaine imaginaire situé sur une île mi-celte, mi-germanique, où vient se réfugier Henry de Kehlmark. Héros inhabituel, Henry aime les hommes. À l’Escal-Vigor, il trouvera l’âme soeur en la personne d’un jeune paysan, Guidon, qui passe pour avoir «des penchants et des inclinations bizarres, pensant blanc quand les honnêtes gens pensent noir…» Avec Guidon et Blandine, amante passionnée, il vivra en vase clos, loin des médisances et des rancunes. Jusqu’au jour où le trio devra affronter la persécution des habitants déchaînés…
Il y a dans ce beau roman, une dimension «révolutionnaire», car il fallait une certaine audace pour présenter l’homosexualité d’une manière si simple, naturelle et digne, en cette année 1899, seulement quatre ans après la condamnation d’Oscar Wilde. L’auteur sera d’ailleurs poursuivi pour atteinte aux bonnes moeurs: le procès se déroule en 1900, de nombreux écrivains soutiennent Georges Eekhoud, et ce dernier sera acquitté.

Edition numérique: www.ebooksgratuits.com

La faneuse d’amour

ePub Kindle

Lorsque, devenue comtesse d’Adembrode, Clara Mortsel, fille d’une famille ouvrière ayant prospéré récemment, s’éprend de la vie de campagne au domaine de son époux, elle s’éprend aussi et surtout du jeune Russel Waarloos, un fils de paysan. Elle va tout faire pour assouvir son amour, à l’encontre des lois sociales de son milieu…

Edition numérique: www.gutenberg.org

Kermesses

ePub Kindle

Kermesses
Publié en 1884, ce recueil contient le récit de huit « kermesses » flamandes. Bien qu’il s’agisse d’un des premiers ouvrages publiés par Georges Eekhoud, on y trouve déjà ce qui fera l’essentiel des oeuvres de cet écrivain: plus qu’à la région (la Campine anversoise), c’est aux hommes que Georges Eekhoud s’intéresse. Pas aux bourgeois, à qui il vouera sa vie entière un profond mépris, mais aux hommes du peuple, avec leurs souffrances, leur force, leurs espoirs souvent déçus…
Dans la deuxième de ces kermesses, on retrouve toute la souffrance de l’auteur qui, enfant, a perdu très tôt sa mère et, cinq ans plus tard, son père, avant d’être confié à un oncle, qui décèdera lui aussi encore quelques années plus tard.
La dernière des « kermesses », Les quatre Métiers de Stann Molderé, n’est pas sans rappeler certaines pages de Dickens.
Cette version numérique est basée sur l’édition de Henry Kistemaeckers, en 1884, illustrée de dix gravures de Frans Van Kuyck.

Edition numérique: www.3hibouks.com

La nouvelle Carthage

ePub Kindle

La nouvelle CarthageL’intrigue du roman suit l’itinéraire de Laurent, en rupture avec sa classe d’origine – la bourgeoisie – qui va se tourner vers le prolétariat, puis vers le sous-prolétariat, pour essayer de trouver une alternative à cette société bourgeoise à laquelle il veut échapper.

Edition numérique: www.ebooksgratuits.com


Haut de la page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.